Devant un Frantz Halls

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par Jean Lorrain
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Dans un corps baleiné, renflé comme un ciboire,
Tout de satins crémeux et d’opaques velours,
C’est une dame étrange aux traits heurtés et courts,
D’une laideur fantasque et rare de grimoire.

En sa jupe espagnole à la fois blanche et noire
Elle a l’air de sourire aux baroques amours
Et montre avec orgueil, entre les tuyaux lourds
De sa fraise, une gorge aux tons de vieil ivoire.

Bouche épaisse et gourmande, oeil dévot, air narquois,
Elle rit et d’un geste auguste et fier d’Infante
Elle pince un bouton de rose entre ses doigts.

De sa mine falote, heureuse et triomphante,
Elle rit, se sachant, à défaut de traits droits
Et fins, une laideur en voluptés savante.

L’ombre ardente

Jean Lorrain

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